« Le mysticisme est l’art de l’union avec la Réalité. »

Evelyn Underhill

« Lorsque les portes de la perception sont nettoyées, tout ce qui apparait à l’homme est ce qui est, infini »

William Blake

La voie mystique peut être vue comme une voie organique et humaine de transcendance, une perception illuminée des choses et des gens. Mais cette vision s’accomplit autant par la purification des portes de la perception que par le sentiment d’unité absolu et inconditionnel. 

Le vrai mystique est souvent moqué et ostracisé à cause de sa différence et de son dépassement du monde. Il a été durant toutes les époques incompris, méprisé, voire persécuté. Car de par sa propre existence, il remet profondément en question les perceptions communes. Il vit dans une réalité totalement différente du commun des mortels, dans une réalité amplifiée par de nouvelles dimensions, hauteurs et profondeurs. Le quotidien lui devient intense, le banal magique, la routine miraculeuse. 

Mais il ne repousse en fait que l’univers étroit et superficiel du petit moi, il ne rejete que l’artificiel et le mensonge du monde. Il lui préfère la vastitude et la magnifiscence de la nature et du divin. Cette réalité, inconnue de ceux menant une vie connectée uniquement aux apparences et aux sens, est bien plus vaste et magnifique. 

Les illusions du monde, nettoyées de la domination des sens, font de plus en plus place à la personalité transcendantale. Dépassant amplement la nature et le charnel dans lesquels il est un résidant par défaut, il décode son environnement par le nouveau langage mystique, plus en phase avec ses origines célestes. Il ne recherche plus des compensations terrestres telles que les drogues, l’alcool ou le sexe pour parvenir à un sentiment d’unité partiel et momentané. Il ressent et vit ce sentiment d’unité de manière perpétuelle et inconditionnelle, uniquement par sa vision et sa conscience. 

Il est nourrit non plus uniquement par les forces telluriques, mais par un nouvel afflux de vitalité, par une nouvelle d’appréhension toujours plus large et profonde du monde mystérieux dans lequel il est. Tout devient une apparence du divin, que ce soit de la beauté ou de la laideur, du grandiose ou du grotesque, de la création ou de la destruction, de la vérité ou du mensonge. Il fusionne avec la réalité, tout en conservant sa spécificité et sa distinction. Il vit l’unité absolue tout en maintenant son individualité. C’est à la croisé de ces paradoxes de la totalité et de la singularité qu’il existe. Sans forcer, sans exprimer un quelconque pouvoir, sans imposer ni rechercher à convertir. Il est, tout simplement. 

Ce n’est plus du faire, du paraitre ou de l’avoir. C’est de l’existence pure.  

Mais cet état d’être ne se développe pas facilement. C’est l’accomplissement d’un long chemin de purification et de conscience. C’est un processus graduel de dévoilements et de révélations.