Il nous faut renoncer à un enseignement clé en main et une connaissance prédigérée, qui apportera toutes les réponses. Car le plus important n’est pas enseigné, il est vécu par le sang et les larmes. Voire il est volé à la vie. Il se doit d’être acquis par un acte de désobéissance individuelle et de volonté personnelle.
La Gnosis, la connaissance intérieure et divine révélée, la compréhension, ne se lit pas dans un livre, ne se commande pas avec de l’argent. Elle est vivante, vivifiante et incontrôlable. Toute connaissance figée sur du papier devient morte. Toute connaissance donnée facilement n’a pas une grande valeur. La connaissance la plus significative reste donc vivante et ne se transmet que par le vol, la désobéissance. Qu’à travers un acte assoiffé. La connaissance initiatique ne nous sera jamais donné, c’est à nous de la prendre.
Deux exemples :
Dans la genèse : le jardin d’Eden, Eve et Adam goûtent du fruit défendu, le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Pour goûter à cette connaissance, ils doivent désobéir. Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’Adam et Ève mangent, mais le geste de désobéissance, le fait de vouloir accéder à un savoir réservé à Dieu. Ils accèdent alors à la Gnosis.
Dans la mythologie grecque : Prométhée dérobe le feu sacré de l’Olympe pour en faire don aux humains. Un voleur de feu défie le Dieu suprême. Ce feu symbolise la connaissance divine, le contrôle sur la nature, et par extension le contrôle sur le destin et le libre arbitre.
Le pouvoir religieux dissuade ses adeptes de s’orienter vers la connaissance, lui préférant nettement la foi. Le monde fait tout pour nous maintenir dans l’ignorance. Acquérir la Gnosis, c’est le résultat d’un choix individuel, volontaire et déterminé. Il nous faut avant tout désobéir à nous même et voler cette connaissance à la vie. Elle nous ouvre alors une voie de libération individuelle, avec ses corollaires de responsabilités et de solitude.