« Nous vivons à l’intérieur d’un énorme roman. Il devient de moins en moins nécessaire pour l’écrivain de donner un contenu fictif à son œuvre. La fiction est déjà là. La tâche du romancier est d’inventer la réalité. »

J. G. Ballard

La fiction VS le réel : la fiction n’est pas forcément une invention volontaire. Elle se compose de toutes les croyances, projections, filtres, interprétations, opinions, certitudes ou ignorance qui établissent une distance entre soi et le réel. Le roman, c’est le décalage entre notre mensonge intérieur et la vérité. Le roman, c’est notre imagination et nos conditionnements.

Dostoïevski écrivait dans les frères Karamazov : « Surtout ne vous mentez pas à vous-même. Celui qui se ment à soi-même et écoute son propre mensonge va jusqu’à ne plus distinguer la vérité ni en soi ni autour de soi ; il perd donc le respect de soi et des autres ».

L’enseignement spirituel est dans le réel, dans notre capacité à descendre dans la matière et percevoir la vérité. Ce n’est pas une fuite dans les dimensions spirituelles supérieures, ni l’élaboration de fantaisies New Age. Non, c’est pouvoir percevoir la réalité dans toute sa justesse, sa magie, sa dureté et sa nudité. C’est pouvoir déconstuire les méandres de ses fonctionnement intérieurs, abattre le mur entre soi et le réel.

Le chemin de la nouvelle conscience est de créer des ponts entre le haut et le bas, entre l’esprit et la matière, entre l’extérieur et l’intérieur. Ils ne sont plus séparés. Inventer la réalité ; c’est percevoir la vérité de l’esprit, c’est reconnaître la lumière éclairant les ténèbres de la matière. L’enseignement spirituel se trouve dans la chair, dans les relations, dans les éléments naturels. Développer une relation juste et profonde avec la réalité, c’est plonger le plus possible dans la matière.